Situation des indépendants face à la crise : Alain Assouline souhaite un nouveau Contrat Social
06 Avril 2020 BlogFormateursTémoignage

Situation des indépendants face à la crise : Alain Assouline souhaite un nouveau Contrat Social

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Faisant suite à la crise sanitaire du Coronavirus, une partie de la population active se retrouve particulièrement en difficulté : les travailleur·e·s indépendant·e·s. Beaucoup se retrouvent dans l’obligation de cesser leur activité, soit parce qu’elle n’est plus possible en période de confinement, soit parce que les entreprises suspendent les missions attribuées.

Alain Assouline, fondateur de WebForce3 est aussi président de CINOV Numérique (syndicat des indépendants, TPE et PME du numérique). Il a pris la parole dans Solutions Numériques pour que le statut de travailleur indépendant soit pensé autrement.

 

En tant que président de WebForce3, en quoi êtes-vous particulièrement concerné par les travailleurs indépendants ?

 

Nombre de formateur·rice·s de WebForce3 sont indépendant·e·s. C’est le statut qu’ils ont choisi pour exercer le métier du numérique qu’il·elle·s enseignent chez nous. J’ai bien sûr pensé à elles et eux lorsque j’ai pris la parole en faveur d’une solution durable qui les protège.

En fait, le Contrat Social actuel ne les intègre pas, il date d’après-guerre et n’a été pensé que pour les grandes entreprises et leurs salarié·e·s. Depuis, la place des indépendant·e·s est devenue majeure, notamment dans le numérique, avec l’explosion des applications et des services d’intermédiation tels que les plateformes. Pourtant leur statut n’a pas été mis à jour.

 

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Que pensez-vous de la proposition du gouvernement français ?

 

L’État propose d’aider le·la travailleur·se indépendant·e avec une somme à hauteur de 1500 € maximum pour le mois de mars. Sur le très court terme, c’est déjà une bonne chose car le mois de mars a été compliqué pour beaucoup.

Sauf que cette somme est offerte à un·e travailleur·se indépendant·e si une perte est enregistrée par rapport au mois de mars 2019. On sait qu’un·e travailleur·se indépendant·e a pu travailler tout le mois de mars pour ne facturer que début avril. Ce n’est donc pas pertinent.

Et on le sait pour nos formateur·rice·s de WebForce3, un·e développeur·se facture au minimum sa journée à 300 ou 350 €, parfois plus. S’il·elle ne travaille que 10 jours dans le mois, il·elle gagnera 3 500 €. La différence est énorme ! À Berlin, les indépendants se sont vu attribuer 5 000 € chacun…

 

 

Quelles solutions peuvent être envisagées pour les travailleurs indépendants ?

 

Un·e salarié·e, actuellement au chômage technique, sera indemnisé·e à hauteur de 85% de son salaire habituel. Pourquoi ne pas rémunérer un·e travailleur·se indépendant·e en se basant sur le même pourcentage ? Le·La salarié·e se verra indemnisé·e en fonction de son précédent salaire, et non par un chiffre fixe et arbitraire.

Pour indemniser le·la travailleur·se indépendant·e, il faudrait calculer une moyenne annuelle et la diviser par 12 en tenant compte de ce que chacun·e gagne.

 

J’ai voulu souligner dans cette Tribune que cette crise sanitaire montre que les indépendant·e·s sont mal protégé·e·s par rapport aux salarié·e·s. Il faut donc leur créer un statut qui les intègre au Contrat Social car ils·elles seront de plus en plus nombreux·ses, particulièrement dans le numérique.

 

WebForce3 a pu s’adapter et continue de délivrer ses formations en téléprésentiel. Nos formateur·rice·s ne sont donc pas impacté·e·s par cette situation dans cette partie de leur activité. Mais ils le sont sûrement dans le reste de leur activité professionnelle…

Nous sommes conscients que cette situation peut amener à une précarité dont il sera difficile de se relever. Car survivre un mois, ce n’est pas uniquement faire de moindre courses, beaucoup risquent de s’endetter et leur activité peut ne jamais s’en relever.

 

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